Cognition incarnée2018-08-16T10:27:51+09:00

L’expression « cognition incarnée » traduit (tant bien que mal) le mot anglais « embodiment ». Elle désigne la capacité de ressentir une expérience psychologique dans son corps sans s’en défendre, et de se rendre réceptif aux informations en résultant. La cognition incarnée suppose d’apprendre à rester en contact avec ses sensations psychocorporelles —aussi pénibles soient-elles—à désamorcer le réflexe de mentalisation de l’expérience, et à auto-réguler ses émotions. C’est donc un travail d’alignement du corps, du mental et de l’émotionnel.

Différentes approches favorisent l’acquisition de cette compétence. Elles ont en commun de remettre la conscience de notre incarnation au centre de tout travail d’harmonisation, et ouvrent la voie à une créativité accrue.

  • Le sens de l’expérience est envoyé par le corps plutôt que généré par la pensée. Le champ des possibles s’élargit.

  • Le mental est moins sollicité, peut se reposer. Il reste mobilisé pour la mise en œuvre de l’information.

  • L’énergie n’est plus consacrée à se défendre des ressentis désagréables et des mémoires traumatiques. Elle circule mieux dans le corps.

  • Le stress chronique se réduit ; le système nerveux parasympathique de détente se met en route. La résilience s’accroît.

  • L’émotion s’exprime de manière moins impulsive et plus ajustée. Des réponses comportementales nouvelles émergent.

Somatic Experiencing (SE)

Ainsi, ces personnes sont incapables d’imaginer un futur différent de leur passé. Leurs images organisatrices internes sont ‘coincées’. Par conséquent, elles sont incapables d’envisager et de manifester des rêves, et de participer à la création de la riche tapisserie humaine.
Peter LEVINE.

La Somatic Experiencing (SE) est une approche thérapeutique destinée aux personnes souffrant d’un stress post-traumatique. À la différence des psychothérapies s’appuyant prioritairement sur la parole ou les processus cognitifs, elle se focalise sur le travail de régulation du système nerveux, tel qu’il se manifeste dans les symptômes physiques et psychosomatiques. Fondée par Peter A. LEVINE, PhD, cette approche lui a permis de libérer de leur souffrance post-traumatique des victimes de guerre, de viol, de génocide, d’accidents de circulation, de chirurgie lourde, et d’autres traumas aigus.

Le travail thérapeutique contient une dimension psycho-éducative. La personne doit retrouver sa capacité naturelle à s’orienter dans son environnement externe à partir de ses cinq sens, ainsi que dans son état interne, c’est-à-dire reconnaître ses indicateurs objectifs (respiration, fréquence cardiaque, température corporelle, moiteur, péristaltisme, etc) et subjectifs (équilibre, émotions, bien-être ou douleur, faim, soif, fatigue, crispation, etc.) de bien-être ou mal-être. Progressivement, elle apprend à s’auto-réguler en restant attentive à ses états intérieurs et à leurs fluctuations dans un moment donné.

Cette compétence installée, tout le travail de la SE tend à générer de nouvelles expériences qui puissent contrebalancer la mémoire corporelle traumatique.

Dr Peter A. Levine, PhD, est docteur en biophysique médicale et en psychologie, et consultant en stress pour la NASA.

https://traumahealing.org,

NeuroAffective relational Model (NARM)

Pouvoir se connecter est notre désir le plus profond et notre plus grande peur

Larry HELLER

Le modèle NARM, développé par Larry HELLER, PhD., s’adresse aux traumatismes développementaux plutôt qu’aux chocs traumatiques liés à un événement ponctuel. Son observation de départ est que le trauma n’a pas uniquement dérégulé le système nerveux, mais également l’aptitude à être authentiquement présent dans la relation, en raison des stratégies ont été mises en place pour préserver le lien d’attachement : croyances, comportements, identifications en « faux self » basées sur la honte et sur la fierté. Le modèle s’appuie expressément sur le postulat qu’en chaque humain, quelque soit son histoire traumatique, l’organisme tend vers un élan vital et de connexion à soi et à l’autre.

Le travail ne consiste donc pas seulement à déverrouiller l’énergie figée dans le système nerveux, mais à repérer les besoins de base refoulés et les stratégies archaïques qui bloquent la plénitude d’existence, et à soutenir la conscientisation à travers le vécu émotionnel et corporel de nos différentes peurs : le rejet, l’abandon, l’humiliation, la trahison, le refus de l’authenticité.

On soutient ainsi le passage d’un « mode adaptatif du survie » à une présence authentique à soi et à l’autre, dans l’instant, bien ancrée corporellement, c’est-à-dire : être en contact avec son corps, prendre soin de ses besoins personnels, oser exprimer ses besoins et désirs, dire non et fixer ses limites, vivre sa vie affective et sexulle dans l’ouverture affectivement et la confiance.

Une attention est portée à la conscientisation par la personne de son pouvoir et sa responsabilité (« agency ») à entretenir ses stratégies de survie obsolètes ou à s’en détacher. Il s’agit de soutenir le réveil de sa capacité de choix face à la réalisation que l’enjeu de préservation du lien d’attachement n’a plus le même caractère vital que dans sa petite enfance.

Dr Larry Heller, PhD, est membre Senior de la Faculté d’enseignement en Somatic Experiencing et spécialiste du trauma. Il est psychologue gestaltiste et bioénergéticien.

http://www.drlaurenceheller.com

Integral Somatic Experiencing (ISP)

Il est plus facile de donner du sens aux expériences douloureuses lorsque l’on a développé la capacité de tolérer durablement et de donner de l’expansion en soi à la charge émotionnelle qui se manifeste. Ce n’est qu’alors que l’on peut exprimer toute sa puissance.

Raja SELVAM

Le méta-modèle « Integral Somatic Psychology » (ISP) développée par Raja SELVAM, PhD., pousse plus loin encore le travail d’intégration entre le vécu émotionnel et les réactions du sytème nerveux autonome. Face à un traumatisme ancien et chronique, lié aux premiers attachements de la vie, l’enjeu thérapeutique est moins de libérer l’énergie nerveuse bloquée que d’apprendre progressivement à ressentir sans s’en dissocier l’émotion dans toute sa puissance.

La force créative de la personne est proportionnelle à la puissance de son énergie bloquée. Sa puissance de joie, de confiance, d’amour est proportionnelle à l’intensité des émotions opposées qu’elle a pu ressentir : panique, rage, haine, désespoir, dégoût, etc. Dans cette perspective, le travail tend à soutenir la personne dans l’accroissement progressif de sa capacité à ressentir, tolérer et contenir l’émotion archaïque de prime abord insoutenable. Pour ce faire, des processus d’expansion et de circulation dans le corps de la charge émotionnelle sont suivis.

Ce travail s’appuie lui aussi sur la capacité de vivre la « conjonction des opposés » dans le ressenti somatique des émotions.

Dr Raja Selvam, PhD, est membre Senior de la Faculté d’enseignement en Somatic Experiencing, spécialiste du trauma, et par ailleurs analyste jungien.

www.integralsomaticpsychology.com

En savoir plus …