Il suffit de penser à la puissance que dégage la montagne, l’océan, le volcan, le désert, pour ressentir combien la Nature est vivante. Tout élément naturel, une herbe folle au bord d’un chemin, un champignon sous une racine, dégage cette même vibration si on lui prête une subtile attention. Se remettre en relation vivante avec la Nature amplifie notre sensorialité, notre sensibilité ainsi que notre capacité imaginative et créative. Les peuples premiers, comme les poètes et les enfants, ont de tout temps entretenu cette relation et ce dialogue avec la Nature, et à travers elle avec le monde originel, celui du mystère et de l’invisible.
Se préparer à la rencontre
Je touche la terre avec mon pied, consciemment.
Comme si j’embrassais la terre avec mon piedTHICH NHAT HANH, moine bouddhiste vietnamien
Aller à la rencontre de la Nature dans toute sa force vibratoire nécessite de marquer un temps de suspension. Le temps de déposer ce qui encombre, engagements, soucis, questionnements. Le temps d’un geste ritualisé, qui salue le passage du profane au sacré, et facilite une reconnection consciente. Le temps d’une rencontre multi-sensorielle, intériorisée et spirituelle avec les éléments de la Nature.

Rencontrer
Alors peut s’amorcer un dialogue avec la Nature. Ouvrir le dialogue par un rituel. S’émerveiller, se rendre attentif aux images qui nous surprennent, ouvrir ses canaux réceptifs. Regarder et se laisser regarder. Toucher et se laisser toucher. Se rapprocher, sentir la distance juste, comme on le ferait d’une rencontre humaine. Laisser le corps répondre, par une danse, un mouvement, un son, un rire, des larmes. Laisser résonner en soi l’enseignement que la Nature nous offre. Interagir avec la Nature est une des formes de l’ imagination active, du travail imaginal.

Remercier, saluer
🎶 Tierra mi cuerpo
Agua mi sangre
Aire mi aliento
Fuego mi espíritu 🎶Chant des 4 éléments
Lorsqu’on rencontre la Nature en conscience, qu’on l’aborde comme un être vivant, avec respect, on en prend congé avec gratitude. Ainsi, le dialogue se transforme en expérience spirituelle. Et ainsi peut-on réapprendre à aimer gratuitement la Nature, à se dégager de nos réflexes d’exploitation, et petit à petit à réenchanter le monde.

Une immersion dans les sens et l’imaginaire
Le Shinrin Yoku (SY), maladroitement traduit par « bain de forêt », est un enveloppement par le système forestier. Bien loin d’une simple balade ou d’une pratique New Age de câlin aux arbres, ce bain de nature ravive les sensations et émotions. Il se pratique au travers d’une marche très lente sur une distance assez réduite (2 à 3 kilomètres en 3 heures), ponctuée d’invitations sensorielles qui convoquent l’imaginaire et ouvrent à l’émerveillement. Quelques partages en cours de chemin permettent de démultiplier les découvertes. L’enveloppement se clôture par une « cérémonie du thé », qui ravive le goût de la nature par une infusion de plantes sauvages.
