Habiter son corps : Présence

Il est plus facile de donner du sens aux expériences douloureuses lorsque l’on a développé la capacité de tolérer durablement et de donner de l’expansion en soi à la charge émotionnelle qui se manifeste. Ce n’est qu’alors que l’on peut exprimer toute sa puissance.

Raja SELVAM, PhD
Integral Somatic Psychology

L’organisme de chacun d’entre nous tend vers un élan vital et de connexion à soi et à l’autre. Le travail de réappropriation de notre conscience somatique nous permet de mieux auto-réguler son système nerveux autonome. Au fil du temps, on se retrouve plus en contact avec son corps et prend mieux soin de ses besoins personnels. On se redresse, psychologiquement et physiquement. On ose exprimer ses besoins et désirs, dire non et fixer ses limites. On s’ouvre à la confiance relationnelle et la vie affective et sexuelle.

Et c’est le retour revient à une présence authentique à soi et à l’autre, bien ancrée corporellement.

  • L’énergie circule mieux dans le corps. Elle n’est plus consacrée à se défendre des ressentis désagréables et des mémoires traumatiques.
  • Le système nerveux parasympathique de détente se met en route. La résilience s’accroît. Le stress chronique se réduit. Le système immunitaire se renforce.
  • L’émotion s’exprime de manière plus ajustée, moins impulsive. Des réponses comportementales nouvelles émergent.
  • Le mental est moins sollicité, peut se reposer. Il reste mobilisé pour la mise en œuvre de l’information.
  • Les muscles retrouvent leur tonicité naturelle.
  • Le sens de l’expérience est transmis par le corps plutôt que généré par la pensée. Le champ des possibles s’élargit.

Notre potentiel de force créative se révèle proportionnellement à la force de nos anciens blocages.

Habiter son âme : Individuation

La Psychologie des Profondeurs reconnaît dans la vie intérieure un processus dynamique de réalisation de Soi. Ce processus, CG JUNG l’appellait l’individuation (individuum en latin signifie « que l’on ne peut pas coupé, indivisible »).

Le Soi est à la fois la source, le moteur et le but du processus. C’est l’objet de la « Quête », le souffle de vie qui émane de l’au-delà de l’humain.
Certains le nomme la Conscience, l’Âme, le Daïmon, ou encore le Feu sacré ou le Divin.

Être individué, c’est être relié à toutes les parts de soi, à la personnalité consciente ET inconsciente. Devenir « qui on est », derrière nos façades, nos défenses et nos ombres. Vivre pleinement plutôt que sur-vivre. Incarner notre potentiel de plénitude.

L’appel à l’individuation se manifeste par des rêves, des synchronicités, un besoins impérieux de donner une nouvelle direction à sa vie, une perte de sens ou une expérience du vide intérieur.

Répondre à cet appel, c’est accepter de relativiser le pouvoir du rationnel dans notre vie, et redonner une place première à ces signes venus ds profondeurs.

Habiter la Nature : Réensauvagement

La Nature ne nous appartient pas, nous appartenons à la Nature… Nous en sommes issus. La terre est notre berceau. Se réensauvager (« rewilding » disent les anglophones), c’est retrouver le contact avec cette nature-berceau et s’immerger en elle. En-dehors des chemins, aussi loin que possible de tout ce qui nous relie à la civilisation : ni montre, ni portable, ni bouquin. À partir du moment où on est d’accord de se retrouver en nature, la capacité de connexion se refait très rapidement parce que le corps ne demande que cela.

Passer du temps en forêt, en montagne, dans les grandes plaines, s’asseoir au pied d’un arbre, respirer l’humus, écouter le vent et le silence, se coucher sur le sol, toucher les feuilles et les graines, se laisser mouiller par la pluie, dormir à la belle étoile… Dépasser la frilosité liée au confort, la peur liée à la solitude et à la vie naturelle.

Une certaine qualité de présence au sein de la nature profonde permet un cheminement intérieur et une ouverture au plus profond de soi. Ceux qui se réensauvagent  vivent un élargissement de leur champ de conscience, de leur sensibilité, de leur intuition. Se réveille en eux un rapport empathique avec le monde naturel, un sens naturel de la réciprocité environnementale, et une perception aiguisée de leur responsabilité envers les ressources planétaires.

Ils en reviennent avec une conscience renouvelée et un engagement écologique qui ne doit plus rien à la peur mais à l’amour. C’est naturellement que leurs tendances à la consommation s’abaissent et que leur immunité naturelle se renforce. C’est naturellement qu’émergent des priorités plus claires, une nouvelle lumière sur leur chemin de vie.

Les peuples traditionnels appelaient cela une « quête de vision ». La Nature respirée, sentie, écoutée, nous renvoie en miroir notre vie, nos questionnements et nos traumatismes, les appels de nos profondeurs.