♻️ Habiter son corps2021-09-19T15:00:49+02:00

Traumas d’enfance et traumatismes psycho-corporels

Ainsi, ces personnes sont incapables d’imaginer un futur différent de leur passé. Leurs images organisatrices internes sont ‘coincées’. Par conséquent, elles sont incapables d’envisager et de manifester des rêves, et de participer à la création de la riche tapisserie humaine.

Dr Peter A. LEVINE, PhD,
Somatic Experiencing

Les traumas chroniques de l’enfance (rejet, abandon, humiliation, trahison, refus de l’authenticité) génèrent des peurs primitives de perte du lien d’attachement et déclenchent des stratégies infantiles (« archaïques ») pour éviter de ressentir ces peurs, trop puissantes pour un système nerveux encore fragile.

Ces stratégies prennent la forme de croyances, d’identifications à un « faux self », de comportements bas sur la honte et au contraire la fierté. Elles aident à survivre dans l’enfance mais, à l’âge adulte, elles bloquent la plénitude d’existence.

Elles affectent :

  • le système nerveux (figement de l’énergie, dérégulation du système immunitaire)
  • le vécu émotionnel (coupures ou débordements, d’une ou  plusieurs émotions)
  • le système musculaire (raidissement ou flascitude de certains muscles)
  • l’aptitude à être authentiquement présent dans la relation.

Chemins de guérison

L’esprit peut facilement être n’importe quoi, mais la terre peut seulement être quelque chose de défini.
Ainsi rester vrai envers la terre signifierait maintenir votre relation consciente au corps.

Ne vous enfuyez pas en vous rendant inconscient aux réalités de votre corps, car elles vous gardent dans la vie réelle et vous aident à ne pas vous perdre dans le monde des simples possibilités, les yeux bandés.

CG JUNG

La langue anglaise traduit joliment par « embodiment »  la capacité d’être pleinement  dans son corps.

Ressentir ses émotions — si lourdes et pénibles soient-elles.
Rester en contact avec ses sensations psychocorporelles — si intenses soient-elles.
Sans s’en dissocier.
Sans s’en laisser déborder.

Ce travail demande un entraînement. Dans un premier temps, il s’agit de retrouver et augmenter sa capacité naturelle à

  • s’appuyer sur ses cinq sens externes pour s’orienter et repérer les signaux d’alerte dans l’environnement externe ;
  • identifier et ressentir ses indicateurs internes de bien-être ou mal-être, tant
  • objectifs (respiration, fréquence cardiaque, température corporelle, moiteur, péristaltisme, motricité, etc), que subjectifs (équilibre, émotions, douleur, faim, soif, fatigue, crispation, etc.)

Dans un second temps, il s’agit de reconnaître ses fluctuations émotionnelles à travers leur ressenti somatique, de repérer les lieux dans le corps où elles s’expriment ces émotions. Une gorge serrée, un nœud dans la ventre, une mâchoire crispée…

Dans un troisième temps, il s’agit d’augmenter sa capacité à rester en contact avec ses charges émotionnelles et les sensations corporelles internes et/ou motrices, qui mes accompagnent. Même et surtout lorsqu’on voudrait les éviter ou s’en débarrasser. Faire l’expérience que si dans l’enfance, l’intensité de l’émotion archaïque a pu être insoutenable, la maturité de l’adulte lui permet de la ressentir, tolérer et contenir avec plus d’amplitude.

Ce faisant, on apprend à désamorcer les réflexes d’évitement ou de mentalisation des expériences douloureuses, et à ressentir ses émotions sans s’en dissocier. On génère ainsi de nouvelles expériences qui contrebalancent la mémoire corporelle traumatique et installent une nouvelle mémoire somatique.

Retour à la puissance de vie

Il est plus facile de donner du sens aux expériences douloureuses lorsque l’on a développé la capacité de tolérer durablement et de donner de l’expansion en soi à la charge émotionnelle qui se manifeste. Ce n’est qu’alors que l’on peut exprimer toute sa puissance.

Raja SELVAM, PhD
Integral Somatic Psychology

L’organisme de chacun d’entre nous, quelle que soit notre histoire traumatique, tend vers un élan vital et de connexion à soi et à l’autre. Notre potentiel de force créative est proportionnel à la force de nos blocages. Cette force reste enfouie dans notre corps où elle dérégule notre système nerveux tant que nous n’allons pas à sa rencontre…

Le travail de réappropriation de notre conscience corporelle permet d’apprendre à auto-réguler son système nerveux autonome. Au fil du temps, on se retrouve plus en contact avec son corps et prend mieux soin de ses besoins personnels. On ose exprimer ses besoins et désirs, dire non et fixer ses limites. On s’ouvre à la confiance relationnelle et la vie affective et sexuelle

Et c’est le retour revient à une présence authentique à soi et à l’autre, bien ancrée corporellement.
  • L’énergie circule mieux dans le corps. Elle n’est plus consacrée à se défendre des ressentis désagréables et des mémoires traumatiques.
  • Le système nerveux parasympathique de détente se met en route. La résilience s’accroît. Le stress chronique se réduit. Le système immunitaire se renforce.
  • L’émotion s’exprime de manière plus ajustée, moins impulsive. Des réponses comportementales nouvelles émergent.
  • Le mental est moins sollicité, peut se reposer. Il reste mobilisé pour la mise en œuvre de l’information.
  • Les muscles retrouvent leur tonicité naturelle.
  • Le sens de l’expérience est transmis par le corps plutôt que généré par la pensée. Le champ des possibles s’élargit.

Quelques modèles

J’ai intégré à mon accompagnement différents modèles qui tous soutiennent ce travail d’intégration corporelle. Le plus puissant s’est révélé être le Integral Somatic Psychology (ISP), qui pousse le plus loin le travail d’intégration entre le vécu émotionnel et les réactions du système nerveux autonome. Par conséquent il va aussi plus loin dans l’installation d’une nouvelle capacité d’autorégulation du système nerveux et du système immunitaire naturel.

Integral Somatic Psychology (ISP)

www.integralsomaticpsychology.com

Ce modèle est un « méta-modèle » plus englobant. Il s’inscrit dans une lecture jungienne de la capacité de vivre la « conjonction des opposés ».

Notre aptitude à la joie, la confiance, l’amour, notre potentiel de force créative, sont proportionnels à la force du blocage de notre élan de vie, à l’intensité des émotions lourdes que nous avons pu ressentir : panique, rage, haine, désespoir, dégoût, etc.

Somatic Experiencing (SE)

https://traumahealing.org

Ce modèle est particulièrement orienté vers le soulagement des séquelles de traumas aigus, tels  ravages de guerre, viol, génocide, accidents de circulation, chirurgie lourde, etc. Il vise à libérer l’énergie nerveuse bloquée dans une situation de danger extrême où ni la fuite ni le combat n’ont été une option.

NeuroAffective relational Model (NARM)

www.drlaurenceheller.com

Ce modèle est orienté sur l’impact relationnel et psycho-affectif des traumas vécus, et sur la conscientisation des stratégies d’évitement relationnel.

Bodynamic Analysis

https://www.bodynamic.com

Ce modèle est orienté sur la conscientisation et la reprogrammation des différentes réponses motrices (hyper- ou hypo-tonicité musculaire, postures, etc) développées en réaction aux blessures relationnelles vécues, selon les différentes étapes de l’enfance.

En savoir plus …

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